Comité Femmes et Droit UdeM
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Polytechnique, l’histoire d’un drame, mais aussi l’histoire de leur vie

Élie Legault

Polytechnique : l’histoire d’un drame, mais aussi l’histoire de leur vie

Il y a 34 ans, un féminicide de masse plongeait dans le deuil les familles de 14 femmes exceptionnelles, traumatisant une nation entière. Chaque année, la tragédie qui a frappé l’École Polytechnique le 6 décembre 1989 nous est rappelée à travers les récits de ces vies perdues.

Aujourd’hui, nous choisissons de faire entendre notre voix afin d’honorer ces femmes — leur vécu, leurs accomplissements et leur parcours. N’oublions jamais qu’elles étaient, comme vous et moi, humaines, curieuses, et animées par une profonde passion pour la vie. Le flambeau nous appartient désormais.


Nathalie Provost

Survivante blessée, Nathalie a tenté de raisonner l’assaillant pour sauver sa vie et celle de ses collègues. Déterminée à terminer son baccalauréat, elle est retournée sur les bancs d’école à peine un mois plus tard. Elle reçoit la Médaille de la bravoure du Canada pour son sang-froid. Aujourd’hui encore, Nathalie milite pour le contrôle des armes à feu et pour d’autres causes importantes, notamment la justice climatique.


Geneviève Bergeron (née en 1968, 21 ans)

Brillante et passionnée de musique, Geneviève jouait de la clarinette, chantait dans une chorale professionnelle, aimait le basketball et la natation. Étudiante en génie mécanique, elle adorait voyager et revenait d’un séjour au Maroc. Sa sœur raconte qu’elle faisait toujours sentir les gens importants et valorisés.


Hélène Colgan et Nathalie Croteau (nées en 1966, 23 ans)

Meilleures amies, elles étudiaient ensemble en génie mécanique et sont décédées côte à côte. Elles prévoyaient partir au Mexique avec des amis pour célébrer le Nouvel An.

Hélène était à sa dernière année d’études et envisageait une maîtrise. Nathalie était impliquée chez les cadets de l’air et dans son école secondaire. Aujourd’hui, un centre communautaire à Brossard porte son nom.


Barbara Daigneault (née en 1967, 22 ans)

Passionnée de musique, Barbara jouait du piano, du violon et de la contrebasse. Elle suivait les traces de son père, fondateur du département de génie mécanique à l’ÉTS. Sa famille a créé le Fonds Barbara-Daigneault afin de soutenir chaque année une étudiante en génie.


Anne-Marie Edward (née en 1968, 21 ans)

Étudiante en génie chimique, Anne-Marie aimait le sport sous toutes ses formes, particulièrement le ski. Elle est aujourd’hui honorée par le pavillon des sciences du collège John-Abbott, qui porte son nom.


Maud Haviernick (née en 1960, 29 ans) et Michèle Richard (née en 1968, 21 ans)

Elles sont décédées ensemble lors d’une présentation en classe.

Maud, diplômée en design de l’environnement, était retournée aux études pour devenir ingénieure. Une bourse à l’UQAM porte aujourd’hui son nom.

Michèle, surnommée Mimi, rêvait d’un avenir avec son conjoint Stéphane, lui aussi étudiant en génie. Elle retournait chaque année à Lac-Mégantic pour voir ses proches.


Barbara Klucznik-Widajewicz (née en 1958, 31 ans)

Immigrée de Pologne, Barbara parlait cinq langues et était reconnue pour sa générosité. Économiste de formation, elle étudiait en sciences infirmières à l’Université de Montréal. Son mari fut témoin de sa mort à la Polytechnique.


Maryse Laganière (née en 1964, 25 ans)

Employée de la Polytechnique, Maryse venait de se marier et rêvait de fonder une famille. Son conjoint raconte encore aujourd’hui combien leur séparation ce matin-là lui semble lourde de sens.


Maryse Leclair (née en 1966, 23 ans)

Passionnée de musique punk, Maryse étudiait en génie métallurgique et rêvait de voyager. Elle était reconnue pour son audace et son désir d’explorer des domaines traditionnellement masculins.


Anne-Marie Lemay (née en 1967, 22 ans)

Elle espérait contribuer à l’innovation de prothèses grâce à ses études en génie mécanique. Engagée dans la vie étudiante et choriste, elle laisse derrière elle des proches profondément marqués. Un parc porte aujourd’hui son nom.


Sonia Pelletier (née en 1961, 28 ans)

Sonia aimait dessiner, cuisiner et coudre. Après une technique en architecture, elle étudiait en génie mécanique. Fidèle à son caractère altruiste, elle était venue soutenir ses collègues lors de leurs présentations. Un parc à Saint-Ulric honore aujourd’hui sa mémoire.


Annie St-Arneault (née en 1966, 23 ans)

Étudiante en génie mécanique et passionnée de poésie, Annie était reconnue pour son grand cœur. Elle était à son dernier cours avant l’obtention de son diplôme et planifiait ensuite travailler ou voyager.


Annie Turcotte (née en 1969, 20 ans)

Plus jeune victime du drame, Annie enseignait la natation et étudiait en génie métallurgique dans l’espoir de contribuer à la protection de l’environnement. Ses parents ont longtemps conservé sa chambre intacte.


Victimes des répercussions

Sarto Blais et ses parents

Témoin du drame, Sarto est resté profondément marqué. Il est décédé quelques mois plus tard. Un an après, ses parents, submergés par le deuil, sont également décédés. Leur histoire rappelle l’ampleur des répercussions humaines de cette tragédie.


Sources

La Presse
https://www.lapresse.ca/debats/chroniques/marie-claude-lortie/200902/06/01-824794-souvenirs-dun-cauchemar.php

La Presse
https://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/polytechnique-25-ans-plus-tard/201412/01/01-4824153-les-autres-victimes-de-marc-lepine.php

CBC News
https://twitter.com/CBCNews/status/1203029643034533888

Génie au féminin
https://www.facebook.com/GenieAuFeminin/photos/a.102285621654038/142539957628604/?type=3

Find a Grave – Geneviève Bergeron
https://fr-ca.findagrave.com/memorial/211810711/geneviève-bergeron

Ville de Brossard
https://biblio.brossard.ca/emplacements/centre-communautaire-nathalie-croteau/

Global News
https://globalnews.ca/news/6187845/montreal-massacre-victims/

BAnQ
https://advitam.banq.qc.ca/notice/639721

30 Years Later – Nathalie Provost
https://30yearslater.ca/fr/30-profils/nathalie-provost